L’escalade : une thérapie mentale.

par Laetitia Clouzot18 mars 2021
Blogue > L’escalade : une thérapie mentale.

Que ce soit en écoutant les médias ou en lisant les articles de presse, chaque médecin, chaque spécialiste de la santé mentale recommande à toutes et tous de pratiquer une activité physique pour se libérer la tête et faire du bien à son corps. Une recommandation, qui en soi est très véridique, mais qui dans les faits est très peu pratiquée. Et pourtant, si chaque personne essayait juste une fois de trouver son activité ou sport qui pourrait lui correspondre, nous pourrions ainsi tous nous défouler et évacuer tous les maux qui nous habitent et qui nous font du mal. Cela deviendrait ainsi notre thérapie mentale.

La révélation d’un sport.

Pour ma part, l’escalade fut une énorme révélation qui m’a totalement bouleversé. Passionnée de voyage et de randonnée, j’étais persuadée d’avoir trouvé mon échappatoire, ma petite dose d’évasion qui me permettait de me vider la tête et de remettre le compteur à zéro. Pendant des années, je pensais réellement que j’avais trouvé ma zone de confort qui me libérait totalement l’esprit. Ce fut le cas bien évidemment, mais pas à 100%.

Et puis, j’ai découvert l’escalade par le biais d’un travail et d’une formation. Ma curiosité pour ce sport m’a poussé à essayer le bloc. À la minute où mes mains et mes pieds ont commencé à grimper, un flux d’émotions et de sentiments ont déboulé de mon cerveau et de mon corps. Je découvrais la persistance, la rage de l’effort, la détermination à finir un défi, la colère face à l’échec, et l’immense satisfaction de me dépasser afin de réussir un problème.

Du sport à la thérapie mentale.

Peu à peu que je me lançais dans ce sport, ce mélange de sensations nouvelles devenait de plus en plus un besoin, une nécessité journalière. Après le bloc, ce fut la voie et la recherche de sensations fortes. Chaque technique, chaque réussite et découverte me faisait sentir importante et forte. Toutes mes visites au centre d’escalade me permettent aujourd’hui de me concentrer sur un nouveau défi à relever. Je laisse de côté le temps de quelques heures les soucis de la vie pour me concentrer sur des problématiques qui, à première vue, sont plus insignifiantes, mais qui en réalité sont tellement plus gratifiantes.

L’escalade m’a permis d’acquérir une confiance en moi ainsi qu’un dépassement de soi que je ne soupçonnais pas. Dès que je ressens de la peine, de la colère, de la frustration, ou encore de la dépression, il me suffit de grimper pour tout évacuer. Que ce soit à travers le cri de l’effort ou celui de la réussi, à travers les larmes de joie ou de déception, chaque instant passé me permet d’évacuer les maux négatifs de ma journée ou de la semaine. Avec le temps, l’escalade est devenue une sorte de thérapie mentale. Une thérapie qui m’aide à avancer lorsque j’ai l’impression de toucher le fond sans être capable de m’en sortir. Grimper me pousse ainsi à me relever et à ne jamais abandonner.

Je suis convaincue que ce sport procure à notre magnifique communauté de grimpeurs la dose d’évasion mentale quotidienne que nous avons tous besoin et qui nous fait tant de bien. Alors, continuons de grimper pour l’amour, le dépassement de soi, la solidarité, la confiance, la joie et la peine, mais surtout pour notre santé mentale dont nous devons tous prendre soin.