Sarah : l’escalade à travers le TSA

par Célia Golay31 mai 2021
Blogue > Sarah : l’escalade à travers le TSA

C’est un portrait attachant, mais aussi inspirant que l’on souhaite vous partager aujourd’hui. Celui de Sarah, une grimpeuse passionnée atteinte d’un TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme). En plus de grimper chez Horizon Roc, Sarah fait également partie de notre équipe. Il y a quelques années, elle a décidé de rejoindre la famille HR et de mettre à l’épreuve son TSA. Elle nous raconte ici comment l’escalade en général, mais aussi comment travailler chez Horizon Roc, est venue impacter sa vie.

PORTRAIT

Diagnostiquée à 25 ans de ce qui s’apparente à asperger, Sarah décrit son trouble comme étant une forme d’autisme qui n’affecte pas les capacités intellectuelles. Selon elle, son TSA est plutôt caractérisé par des difficultés en tout ce qui concerne les émotions et les comportements sociaux. Réservée, mais très attentive à ce qui l’entour, elle développe avec les années ses propres codes sociaux qui lui permettent de vivre confortablement sans se soucier du jugement des autres. Néanmoins, il est souvent difficile pour elle d’avancer à travers une société qui détient également ses propres “codes” auxquels elle a du mal à se conformer. Ce qui lui amène souvent certains regards ou questionnements venant des personnes qu’elle croise sur son chemin.

“Pour visualiser, imaginez-vous être dans une pièce de théâtre sans avoir eu accès au script, et que tous les autres connaissent ce script par coeur et se fâchent dès que vous improvisez, alors que vous n’avez aucune idée de ce qu’il se passe”

TRAVAILLER DANS LE PUBLIC AVEC UN TSA

En règle général travailler dans le public n’est pas de tout repos, mais pour Sarah s’en est devenu un réel plaisir. Contrairement aux croyances populaires, son TSA ne rime pas avec solitude, ou avec un dédain de l’autre. Bien au contraire, pour elle, son rôle d’animatrice auprès des jeunes et d’instructrice d’escalade avec les adultes la passionne. Il est d’ailleurs très courant de voir certaines personnes atteintes d’un TSA avoir des passions très fortes et démesurées pour des choses ou activités qui les intéressent. Cela fait ainsi naître des personnes qui souhaitent partager et transmettre avec passion et vigueur leurs connaissances à autrui. Pour Sarah, elle aime savoir que cet aspect de sa personnalité joue en faveur de son travail. Elle décrit que du moment qu’elle se sent à l’aise et dans son élément, son enthousiasme déborde et est contagieux.

“À travailler dans le public et à constamment interagir avec des gens souvent inconnus, mes compétences sociales se sont développées à vitesse grand V. »

L’escalade à travers le TSA

En 2017, Sarah rejoignait l’équipe Horizon Roc. Bien que cette situation sociale était nouvelle pour elle, elle était heureuse de relever un nouveau défi qui mettrait à l’épreuve son TSA. En plus de pouvoir rejoindre une nouvelle expérience de travail, elle accédait également à un centre d’escalade dans lequel elle pourrait continuer de pratiquer ce sport qu’elle affectionne depuis son plus jeune âge. Pour elle, l’escalade l’a énormément aidé dans son développement personnel. Elle décrit ce sport comme étant thérapeutique avec des effets antidépresseurs très puissants causés par l’adrénaline du sport.

“J’ai vu une grande évolution positive de ma forme physique et mentale dont je ressens encore les effets même après une année pour le moins chaotique.”

Grimper et travailler chez Horizon Roc lui ont permis de maintenir un certain niveau de stabilité physique et mental. Avec rétrospection, elle est heureuse de se dire que sa santé mentale s’est beaucoup améliorée en travaillant et en grimpant. Ces dernières années lui auront permis de développer des interactions sociales qui sont devenues aujourd’hui presque complètement naturelles pour elle.

 “Vivre de ses passions, avec des gens extraordinaires qui m’ont fait sentir comme chez moi dès le premier jour, voici la clé de la personne que je suis maintenant.”      

Enfin, bien qu’il lui restera toujours certains traits atypiques et certaines maladresses sociales résultant de son TSA, elle peut désormais affirmer fièrement d’être qui elle est et de profiter de la vie qu’elle s’est elle-même forgée : “j’ai gagné mon pari”.